Sorcières, la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet, éditions Zones

Sorcières, la puissance invaincue des femmes

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Rappel historique

La sorcellerie est apparue en… Eh bien, on ne sait pas trop en fait. Difficile à dater précisément mais cela remonterait au moins à la préhistoire. Le sorcier (étymologiquement le “diseur de sort”) était celui qui possédait des dons particuliers et pouvait soigner, guérir, faire arrêter la pluie, etc. (un médecin-météorologue en gros 😉).

La sorcellerie a toujours accompagné les Hommes à travers les siècles et a évolué au fil des époques. Ces médecins du temps passé utilisaient des plantes, des huiles, des poudres ou des pierres pour soigner les maux des malades, pratiquaient également l’hypnose, la télépathie et communiquaient avec des forces surnaturelles pour guérir nos petits bobos. Sorcières et sorciers étaient très respectés et n’attisaient aucune crainte.

La sorcellerie était majoritairement pratiquée par les femmes. Restant dans leurs foyers pendant que les hommes partaient à la chasse ou au travail, les femmes se sont intéressées à la médecine et ont développé des remèdes, potions et autres médicaments. Ces savoirs et savoirs faire étaient transmis de mères en filles, de filles en petites filles (d’où la féminisation progressive de la sorcellerie).

La sorcellerie a toujours été indissociable de la religion et c’est d’ailleurs cette dernière qui a contribué à sa diabolisation. L’Église chrétienne se sentant menacée par l’importance qu’occupait les sorcières dans la société a décidé de ternir leur réputation en les associant au Malin. De là sont nées les persécutions que nous connaissons et la réputation des sorcières s’est considérablement dégradée (on passera sur les différentes mises à mort et les procès atroces mais si le cœur vous en dit, vous pouvez aller faire un tour sur le site de Topito qui a répertorié les cas de sorcellerie les plus troublants de l’Histoire.

Sorcière volant sur son balai

Ce que raconte le livre

Mona Chollet revient évidemment sur la genèse de la sorcellerie, jusqu’à sa diabolisation, et fait souvent le parallèle entre faits historiques anciens et contemporains. 

N’en déplaise aux réacs qui ne supportent pas les idées féministes, ce livre est un soulagement. Il aborde des vérités, des tabous toujours d’actualité sur ce que doit être une femme dans ce monde très largement patriarcal. Il m’ a personnellement touché car, à travers ses recherches et son vécu, j’ai retrouvé ici des situations auxquelles j’ai été confrontée, ou que je vis toujours actuellement.

Je suis une sorcière des temps modernes

Les sorcières existent toujours et si l’on en croit Mona Chollet, j’en suis une, à mon plus grand bonheur 😊 (je les adore, peut-être aussi à cause de mes origines berrichonnes 😅).

Je suis une trentenaire (bien tassée), pacsée mais pas mariée, sans enfant, qui essaie de créer ma société avec mon associée. Je suis indépendante financièrement et j’ai un chat qui s’appelle Nino 😽.

Ne pas vouloir d’enfant

Je crois que, dans mon cas, c’est ce point précisément qui perturbe le plus “les gens”. Des questions, toujours les mêmes, et le discours qui va avec : “Tu as des enfants ? Non ? Qu’est-ce que tu attends ? Tu n’aimes pas les enfants ? Tu n’en veux pas 😱 ??? Tu ne peux pas savoir tant que tu n’en as pas eu. Et ton copain, il en veut ? Non plus ? Tu n’as peut-être pas rencontré le bon. Je pense pourtant que tu ferais une bonne mère. Tu changeras d’avis plus tard.”

Pourquoi changerais-je d’avis ? Est-ce un crime de ne pas vouloir d’enfant ? Et puis, finalement, j’en ai marre de devoir toujours me justifier. Un jour, pour abréger une conversation sur le sujet que je trouvais très intrusive et, vraiment, qui me saoulait au plus haut point, j’ai répondu à mon questionneur que j’étais stérile. Ca l’a foutu mal à l’aise, j’étais très contente 😁.

Même si je le savais déjà, Mona Chollet pose les mots sur ces moments de vie, que l’on vit toutes. Elles expliquent pourquoi et comment nous en sommes arrivés là et ça fait du bien. Elle parle du tabou du non-désir de maternité, mais également de la maternité elle-même. Ces femmes, qui adorent leurs enfants, mais n’aiment pas être mère. Elle entend par là, la fonction “mère” : faire les devoirs, jouer avec ses enfants, faire tout ce que la société attend de vous, à savoir être une mère dévouée à ses enfants, affectueuse, douce, tout ça, tout ça.

Plein d’autres exemples sont étudiés dans le livre et je vous laisse le soin de les découvrir, c’est passionnant.

Le livre est féministe et je suis féministe. Vouloir l’égalité entre les femmes et les hommes, est-ce si mal ? Vouloir mener sa vie comme chacun l’entend, est-ce si inaudible ? Ce monde est curieux et je suis extrêmement contente que des autrices comme Mona Chollet l’analyse brillamment, avec intelligence et finesse.

Bravo à elle 👏👏👏


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