I am not your negro, James Baldwin, Raoul Peck, éditions Robert Laffont

I am not your negro

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J’avais vu le documentaire de Raoul Peck portant le même nom que l’ouvrage présenté ici avant de lire le livre. J’avoue avoir découvert James Baldwin grâce à lui, même si son visage ne m’était pas inconnu. J’ai tout de suite reconnu ses yeux, ce regard doux qui m’avait marqué la première fois que je l’avais vu dans une émission ou dans un reportage (par contre, je ne me souviens plus du tout lequel).

Le film est la retranscription du livre, et a été tourné avant que le livre ne soit édité. Ce dernier rassemble des textes écrits par l’écrivain et est également agrémenté d’archives d’émissions et de conférences faites par James Baldwin.

Pendant une grande partie de sa vie, l’écrivain a tenté d’expliquer l’inexplicable en parlant de l’histoire des Noirs aux Etats-Unis d’Amérique, pays des libertés, et s’est battu pour dénoncer les violences et l’oppression subies par les Noirs. De conférences en conférences, de plateaux télé en plateaux télé, il s’est confronté aux idées reçues de femmes de d’hommes blancs pas franchement ouverts d’esprits, voire carrément raciste, et a tenté de faire comprendre au monde les horreurs faites à la communauté noire américaine.

Avec des mots justes, simples, il fait preuve de pédagogie, d’écoute et de détermination.

Quant à Raoul Peck, il apporte à ses discours d’autres archives essentielles, comme des extraits d’allocution de Martin Luther King, de Malcolm X, ou bien encore des passages de films montrant des acteurs noirs carrément grotesques et stéréotypés. Toutes ces archives sont essentielles pour comprendre l’histoire des Noirs aux Etats-Unis, une histoire violente, qui dure, une histoire raciste, une histoire encore présente.

Je suis contente que ce petit livre ait été édité, car il est pour moi un support indispensable pour que la parole de James Baldwin ne disparaisse pas. Mais je vous conseille vraiment de voir le film qui est d’une puissance incroyable. Les images et les mots sont percutants et nécessaires.

Aujourd’hui, nous commémorons les 100 ans du massacre de Tulsa, une histoire que j’ai découverte hier soir en écoutant la radio (c’est fou quand même). Un massacre racial dans une petite ville de l’Oklahoma perpétré par des Blancs, saccageant et brûlant plus de 1250 habitations et commerces détenus par des Noirs, et tuant entre 100 et 300 personnes noires sans que la police n’intervienne. C’était il y a 100 ans, Joe Biden est le premier président à commémorer ce massacre en personne en se rendant sur les lieux. C’était il y a 100 ans mais n’oublions pas non plus qu’il y a un an, George Floyd mourrait sous les yeux du monde entier etouffé par Derek Chauvin, un policier blanc.

N’oublions pas les paroles de James Baldwin qui sont encore tellement d’actualité.


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