Elles ont conquis le monde, éditions Nature & Découvertes

Elles ont conquis le monde

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Voici un livre qui m’a été offert par une amie qui me connaît bien : un livre de voyages entrepris par des femmes qui n’avaient pas peur de vivre une grande aventure (j’ai l’impression d’avoir piqué la dernière partie de cette phrase à Bilbo le Hobbit de Tolkien 😁).

Bref, un livre féministe qui raconte les histoires de voyages de femmes entre 1850 et 1950, injustement méconnues pour la plupart.

On se laisse embarquer par leurs exploits planétaires, et chacune à une bonne raison de voyager. Mais ce qui est frappant ici, c’est qu’elles décident de franchir le pas quand elles ne sont plus retenues soit par un père, un mari, un homme de manière générale. Toutes ces femmes ont soif de liberté et de découvertes. Elles sont curieuses, veulent voir le monde🌍 et n’entendent pas qu’il soit uniquement réservé aux hommes. Ce qui les unis pour la plupart, hormis cette envie de liberté, c’est leur classe sociale. Elles sont en général issues de la bourgeoisie et ce n’est pas un hasard : voyager coûte cher et nécessite un budget conséquent. On découvre alors les voyages de Mary Seacole, passionnée d’épices et de médecine, de Fanny Bullock Workman, aventurière alpiniste, ou bien encore de Marianne North qui sillonnait le monde pour peindre les fleurs 🌻

J’avoue que je connaissais très peu de ces femmes, ce qui est assez dingue, mais révélateur d’une époque où le rôle attribué à la gent féminine se contenait à tenir sa maison et d’élever une famille. Les expéditions entreprises par les hommes étaient contées, retranscrites, racontées et connues, celles des femmes sont restées très majoritairement dans l’ombre. Heureusement que les récits de voyage ont été retrouvés et rassemblés ici par Alexandra Lapierre et Christel Mouchard pour ne pas qu’on oublie les parcours de ces exploratrices d’exception.

Néanmoins, il y a une chose qui m’a dérangée dans ce livre. Alexandra Lapierre et Christel Mouchard parlent de ces femmes comme étant de grands écrivains…et je me demande pourquoi un livre féministe, parle d’ “écrivains” et non pas d’ “écrivaines” ? 🤔

C’est pour cela qu’il me tenait à cœur ❤️ d’expliquer ici pourquoi le mot “autrice” a disparu petit à petit du langage courant et des textes.

La plupart des métiers masculins en “eur” se féminisent en “rice”. Par exemple acteur / actrice, facteur / factrice etc. De fait, le féminin d’auteur est autrice. Mais Richelieu, ce brave cardinal, ne trouvait pas de bon augure que les femmes écrivent, et surtout qu’elles organisent des cercles intellectuels très puissants à l’époque, ou elles débattaient de sujets politiques, sociétaux et religieux. Ça, c’est trop pour Monsieur le cardinal ! Alors, quand il décida de créer l’Académie Française, composée uniquement d’hommes bien sûr, il demanda aux “sages” d’enlever les femmes de la vie politique et intellectuelle. Et quoi de mieux que de les effacer du langage courant, hein ? Ainsi, toutes les professions intellectuelles ou politiques ont vu la féminisation des métiers disparaître. Ainsi, autrice, philosophesse, médecine, écrivaine, peintresse ou maire, ont disparu d’un claquement de doigt 😡

Voilà, voilà !

Aujourd’hui le mot “autrice” revient petit à petit dans le langage courant, mais pas encore suffisamment à mon goût. Quand je parle avec des gens et que j’utilise ce joli mot, il n’est pas rare que l’on me reprenne. Et donc, tout naturellement, je raconte l’histoire de la disparition du mot (les gens sont en général hallucinés 😮).

Hormis ce détail qui pour moi a son importance, je recommande ce livre car il met en lumière des destins incroyables 🤩


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