De pierre et d'os, Bérengère Cournut, éditions Le Tripode

De pierre et d’os

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De pierre et d’os est un roman polaire. De la première à la dernière page, le lecteur est plongé dans un univers blanc et glacial.

L'histoire

Une nuit, la banquise se brise et c’est toute la vie d’Uqsuralik qui va être bouleversée. Séparée de sa famille, elle se retrouve seule, confrontée à elle-même et aux éléments. Malgré le terrible choc qu’elle vient de subir, elle ne peut baisser les bras car elle le sait, être seule ici c’est aller droit à la mort. Elle va alors trouver refuge auprès d’autres familles, s’établir avec elles pour pouvoir vivre et faire des rencontres plus ou moins heureuses. Elle va traverser des épreuves, des combats, apprendre des autres, de son environnement, apprendre à vivre et à survivre dans ce paysage ou la nature peut-être à la fois si belle et terriblement cruelle.

Etre ensemble peut être difficile, mais c’est aussi partager des moments de joie, emplis de spiritualité et de musique. Dans le livre, les chants sont très présents. Ils sont à la fois des témoignages de vie, des présages, des messages envoyés par les esprits. Ils font peur, réchauffent les coeurs, rythment la vie des gens.

Les rites et les mythes chamaniques ont également une place essentielle. Ce sont des guides qui déterminent les modes de vie des habitants et présagent du meilleur et comme du pire.

La question que je me suis posée tout au long de ma lecture

Je n’ai lu aucune critique avant de commencer le livre. Je ne savais presque rien de Bérengère Cournut et je me suis refusée à lire quoique ce soit avant d’avoir fini le roman. Pourquoi ? Parce que pendant toute ma lecture, je me suis demandée si l’autrice avait vécu avec les Inuits, si elle les connaissait, si elle avait fait un terrain d’étude en Arctique pendant sa vie universitaire, si elle avait étudié l’ethnologie… Beaucoup de “si” parce que le roman est construit d’une telle façon que l’on se pose inévitablement la question. Les rites et les mythes chamaniques, les amulettes, les chants, les techniques de chasse et de pêche, leur mode de vie, tout est retranscrit. J’apprendrais plus tard que ses principales sources d’instruction ont été piochées dans les livres des ethnographes Paul-Emile Victor et Jean Malaurie (entre autres), à la bibliothèque du Museum d’histoire naturelle. Ca m’a ramené en arrière, à la fac où j’étudiais l’ethnologie et notamment les livres de Jean Malaurie. J’aimais tellement ces cours, ils me faisaient voyager, m’apprenaient tant de choses sur des populations vivants en général éloignés du monde dit “moderne”.

Je pense que c’est pour cela que j’ai aimé ce livre, car il est un savoureux mélange d’aventure et d’ethnologie. En plus, j’ai trouvé l’écriture de Bérengère Cournut très poétique. L’ambiance polaire y est peut-être pour quelque chose : ce blanc, ce silence, ces animaux élégants, les soleils et les lunes du grand nord…Bien sûr, on ne peut pas nier aussi la dureté de la vie au Pôle : la famine, le froid, les tempêtes, les blessures de chasse…

En fait c’est simple, pendant toute ma lecture, j’étais en Arctique.

Le gros plus qui a fait la différence

Et puis, il y a aussi le fait que ce soit une aventure féminine, parce qu’il ne faut pas se leurrer : vivre seule dans cette partie du globe est difficile, mais quand on est une femme, ça l’est encore plus ! La volonté et la force d’Uqsuralik m’ont captivé. Elle est tellement incroyable, j’aimerais n’avoir qu’une once de son courage. Il est évident que son environnement et les épreuves de sa vie ont façonné son caractère, mais il y a autre chose. La détermination d’aller toujours au bout des choses, la volonté de savoir être indépendante sans pour autant vouloir vivre seule. Un peu comme si elle se disait “au cas où quelque chose d’encore plus terrible m’arrivait”. Et puis, il y a cet amour immense, qu’elle partage avec sa fille Hila et Sauniq, sa vieille mère. Elles sont à elles trois une force, un roc. Elles sont captivantes, et dessinent trois générations de femmes impressionnantes et rayonnantes. Vous l’aurez compris, les superlatifs ne manquent pas pour les décrire. Elles sont tellement incroyables que j’aurais aimé les connaître 🙂


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